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 Nocturne Octobre Madnar

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Octobre Madnar

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Messages : 9
Argent : 200

Char Data
Classe: Surineuse
Expérience totale: 0
Arme primaire: Wrench Knife

MessageSujet: Nocturne Octobre Madnar   Mer 10 Fév - 11:58

"Si tu regardes assez longtemps la noirceur, tu la verras cligner des yeux."

Nom: Madnar
Prénom: Octobre
Surnom: Nocturne (ce n'est pas un surnom que l'on associe avec elle, plutôt un alter ego)
Âge: 27 ans
Race: mutante
Classe: surineuse (aspire vers okashira, si c'est pertinent pour le moment)
Faction: Ordre
Groupe: Culte de Chaussettes
Fonction: générale sanguinaire

Physique général: Très grande (197cm), corpulence athlétique avancée, teint pâle et terne, éphélides incolores, iris blancs laiteux, cheveux auburns en bataille à longueur d'omoplate, tatouage ancestral azurquoise sous la nuque.
Vêtements: uniforme sanguinaire noir d'apparence militaire et parfois un masque à gaz (avec le culte), le même uniforme mais sans le blason du culte, avec un poncho gris urbain et des verres fumés (en public), combinaison bleue foncée et noire pâle en polyamide aromatique (Nocturne).
Mutation: Elle voit la nuit, elle voit pas le jour. C'est relié directement à son cerveau et elle peut tromper son système, en restant à des endroits sombres ou en portant des verres fumés par exemple. Inversément, on peut aussi l'aveugler avec trop d'éclairage.


Artiste: Ever Sanchez

Chapitre 7: Élites
-Y a mon arrière-arrière-arrière euh t'as compris voila, il est venu en Europe pendant le 20e siècle à cause de la guerre et il s'est trouvé une amoureuse et il a décidé qu'il voulait pas retourner au pays, qu'il allait rester avec sa belle ! Tu parles ! Ici on peut pas vivre ce genre d'aventures, je l'envie tellement ! Et toi Jakob ?
-La ferme ! Je t'ai déjà raconté deux fois !
-Aller, juste le passage avec la gerbe de chat !
-Laisse le conduire, enfin
-Oké oké... à ton tour alors Madnar !
-Très bien, voyons... Je suis née dans un milieu moyen, nourrie et élevée par une mère au foyer et un père gangster. Après un faux pas qui devait l'enrichir, il se fit descendre auprès de sa famille par le Gros Tony, sa famille tu vois celle dont je parle. Ma mère est morte à ses côtés. Moi j'étais aux portes d'un orphelinat à ce moment là, il savait que ça allait arriver
-Et c'est pour ça que t'es devenu l'officier Madnar, pour servir et protéger, et couler du plomb dans le cul du Gros Tony c'est ça, ha ha ?
-Non, c'était pour autre chose. Une promesse à une soeur qui a marché vers le mauvais côté
-Ahhhh c'est ça que le chef voulait dire, tu as la bonté pour deux personnes ! Et toi Rudolf ?

Nous sommes dans un char blindé de la justice en direction de notre mission. C'est la première fois que chacun de nous se voyait, et pour tuer le temps, mieux se connaître tout ça, on parlait de nous. Ce midi nous avions tous été promu pour aller travailler dans un groupe d'infiltration tactique, parce qu'on avait enfin réalisé qu'après plus de cinq années de service, on valait mieux que de vérifier la vitesse de toute la plèbe. Moi et Johnson nous entendions bien depuis quelques heures. C'était un grand bavard et moi j'étais une grande joyeuse. Pas mal tout le monde au commissariat m'appréciait. Rudolf est un titan fait de testostérones et de muscles. Je pense qu'il pourrait étrangler une personne de chaque main sans que ça ne l'empêche de botter des culs.

-Queu désires-tou dé Roudof ?
-Bah tu nous entends jaser depuis tout à l'heure ? Qu'est-ce qui t'a mené ici ?
-Roudof pas vouloir parler
-C'est cool mec, on est entre potes !
-On risque d'être souvent ensemble à l'avenir, c'est bien de se connaître et de se comprendre
-Roudof ancien loutteur rousse
-Quand t'avais des cheveux ? On a deux roux dans l'équipe, ha ha ha !
-S'il te plaît, je suis pas rousse ! Je te l'ai déjà dit !
-Ouais, tes cheveux ils sont au-automnes ! HA HA HA HA !
-Pas drôle, petit homme ! Mes ennemis trembler en entendant mou nom ! Grizzly deu Sibérie !
-Oh putain !
-Pouis je devenu merceunaire. Mais c'était illégal. On a arrêté Roudof et on lui a glissé un marché. J'ai décidé aller dans la police ploutôt que prison
-Et t'as tué combien d'hommes ?
-Les poluciers ne comptent pas coubien ils tuent, seulement coubien ils sauvent

Johnson c'est un peu l'abruti qui rit de tout le monde mais il est réglo je pense. Il y a pas de ringard dans notre métier, en tout cas personne qui reste aussi longtemps que nous. Il y a toujours des petits cons qui viennent pour abuser des privilèges qui accompagnent le badge et après c'est nous qui avons mauvaise réputation. Le véhicule venait de s'arrêter, on était arrivé à destination. À l'extérieur, la brume formait un mur gigantesque devant nous, à une vingtaine de mètres seulement.

-Tu peux me dire qu'est-ce qu'on fout là déjà ?
-Une prise d'otages
-Ils font vraiment exprès de nous faire chier en choisissant cet endroit à la con
-On a pas à y entrer, le bâtiment désigné n'est pas dedans. Eux aussi doivent la craindre
-Pffaah !

À l'extérieur et au premier étage c'était vide. On avait découvert des explosifs alors l'expert était resté en haut pour les désamorcer. Le sous-sol aussi mais on aurait dit que quelqu'un s'y trouvait il y a très peu de temps, ça puait la cigarette à plein nez, à l'évidence d'un cendrier plein de mégots fumants. On continuait d'avancer et au moment où on s'apprêta à monter un escalier, quand une explosion se fit entendre et tout trembla.

-MERDE ! MERDE ! MEEEEEEERDE !
-C'était un piège !
-BRAVO TU AS REMARQUÉ !

Malgré nos meilleurs efforts, moi et Rudolf  ne réussirent pas à le tirer de sous les débris. Le bas de son corps était complètement écrasé et l'officier Johnson mourut au bout de son sang pendant qu'on a failli le déchirer en deux en essayant de le sauver. Plus important, le passage était bloqué, et nous étions dans la brume. Le bâtiment dans lequel nous avions abouti se trouvait de l'autre côté. Personne ne répondait à la radio. On enfila nos masques et on sortit à l'extérieur. Nous croyons pouvoir retourner facilement au char parce qu'il n'était pas loin mais la brume nous faisait perdre tout sens de l'orientation tellement elle était épaisse. Peu importe dans quelle direction on se dirigeait, on trouvait de la brume. On se refugia dans une maison habitée par des squelettes. En fait c'était ce qui restait des anciens occupants, morts il y a probablement très longtemps.

Je fus réveillée par un cri d'effroi. Je ne voyais rien mais j'appelais Rudolf. Il me répondait avec des hurlements atroces, comme si on lui sectionnait les membres. Je le cherchais en vain, j'aurais de meilleurs chances de le trouver avec les yeux fermés. Il se tut au son rétentissant d'une balle. Je commençais à étouffer et j'accourus à l'extérieur d'une quelconque manière, je ne sais pas comment. Bientôt je perdis connaissance sur un trottoir au coeur de la brume. La dernière chose que j'entendis fut la voix de Jakob qui diminuait, avec un moteur en bruitage de fond.

"Vous êtes encore en vie ? J'ai eu peur, ils sont tous morts là-bas ! J'ai attendu au cas où vous reviendrez mais oh mon dieu que faites vous ici ?! Il y a quelqu'un ?! Madnar ? Madnar ! Relève toi !"

Chapitre 8: KIA
*inspire*
-C'est le seul officier qui a survécu ?
-Ça dépend à qui vous le demandez
*expire*
Mais je le demande à vous !
-Et bien...
*vide*
-Alors ?
-Disons qu'il y a des états pire que la mort

*tousse*
-Mais diriez-vous qu'elle est morte ?
-Non, mais à sa place, je voudrais l'être
*inspire*
-Vous voulez qu'on fasse quoi avec ?
-Ce que vous voulez. Pour nous elle est morte

Je ne sais pas si vous avez déjà du réfléchir pour respirer. Je ne parle pas de la respiration manuelle, ça c'est rien. Quand vous devez vous concentrer pour ne pas mourir, c'est là que vous comprenez vraiment ce que c'est d'être dans la merde. C'était la voix de mon patron que j'avais entendu. Servir et protéger...

Chapitre 1: Prélude
-Une autre ? C'est pas croyable... SACHA !
-S'il vous plaît monsieur...
-J't'ai entendu, pas la peine de répéter ! NON MAIS SACHAAAAA ! SACHA BORDEL !

Une dame plus jeune et plus fine que le rabougri qui était dans la fleur de l'âge descendit un escalier et les rejoignit, un grand livre d'illustrations à la main.

-Prépare un lit de plus ce soir c'est pour euh... comment tu dis tu t'appelais ?
-O-octobre
-Voila pour heu... mais comment t'as dit ?
-Octobre, monsieur...
-Qui t'a donné un nom de merde comme ça ?
-Ma tante
-Je t'ai pas demandé de me répondre !

Il s'adressa à l'employée à nouveau.

-Qu'est-ce que tu fous encore là ? T'as pas un lit à faire ?
-Mais je suis en pleine histoire ! Les enfants m'attendent !
-Baaah termine la d'abord, après tu lui fais son lit, c'est pas sorcier ! Suis la, petite ! Qu'est-ce que t'attends !

J'ai peur car je suis dans un endroit inconnu avec des étrangers. Il n'y a pas de retour en arrière pour moi. Heureusement j'avais des choses pour me conforter ce soir.

-Désolée les enfants, je suis allée chercher une nouvelle amie. Dis leur comment tu t'appelles
-Octobre
-Tu leur dis pas bonjour ?
-Bonjour...

L'ambiance était silencieuse. Je n'avais pas l'air d'être la bienvenue d'après leurs regards. Ils n'avaient pas l'air de me détester, mais ils n'avaient l'air d'apprécier ma présence pour autant. C'est un drôle d'endroit, je m'attendais à ce qu'ils sourient un peu.

-Reprenons où on en était. Et Jean-Marc ne réussit pas à vaincre le Dragon. Il mourut grillé comme une guimauve et fut réduit en cendres. Savez-vous pourquoi ? Parce qu'il n'est pas assez fort et surtout très stupide. Il n'a pas su respecter les lois de la nature et la chaîne alimentaire. Quand on est faible on doit se contenter de l'être. Rappelez vous qui vous êtes, n'essayez jamais d'être plus que ça.

Mes yeux s'écarquillèrent devant un tel récit. J'avais entendu des mauvaises fins avant mais rien d'aussi brutal. J'eus de la difficulté à m'endormir cette nuit à cause de cette histoire mais surtout après ce qui était advenu de mes parents. J'aimerais qu'ils aient survécu mais je doute qu'on leur aie offert de la merci.

Chapitre 9: Coma
-Ça a pas l'air d'aller mieux
-Son état s'est stabilisé il y a quelques heures
-Le chef de police n'avait pas dit de la laisser mourir ?
-Tu jèterais un mutant en vie toi ?
-N-non. Bien sûr que non
-Alors enfile des gants et change ses pansements. J'ai envie de lui faire une prise de sang le plus tôt possible
-D'accord

Chapitre 2: On est défini par ce qu'on est
-Bon maintenant que t'es réveillé et que t'as eu ton gruau je vais t'expliquer ton rôle ici et ton rôle dans la société Anna
-Monsieur mon nom à moi c'est Octobre
-Je sais, mais je peux pas prononcer un nom de merde comme celui là. On va t'appeler Anna et tu vas répondre à ce nom, d'accord ?

Je n'étais pas en position de le contredire. J'aimais mon nom mais ce n'était pas si grave, tant que je me souvenais qui j'étais vraiment. Il me regarde de la tête au pied avec un rictus de rat comme si j'étais une vermine.

-Il faut tout d'abord établir ton statut social. Voyons voir... t'as un nom dégueux ça vaut 3 points, hum... t'es une rouquine, ça ça veut un gros 6 points. Aussi tes parents sont morts, plus 2 points... quel âge t'as ?
-Neuf ans
-Tu te fous de moi ? T'es trop grande c'est pas normal, un autre 4 points pour un total de euh...

Je n'en reviens pas. Il me juge sur mon physique alors qu'il ne me connait même pas ! Mais ce n'est pas si terrible que ça, je n'ai qu'à ignorer les choses vilaines qu'il dit. Il en a dit à Sacha aussi après tout.

-Quinze monsieur
-Quinze... quinze ! Quoi ? Je t'ai posé une question ? Quinze ! Je le savais ! T'as pas d'avenir Anna. Quinze !
-Qu'est-ce que ça signifie "quinze" ?
-T'es dans le second pire niveau possible. Manquerait plus que t'aies des broches dans ta seule gueule et un syndrôme de Bobu-Jérôme pour t'achever ! Tu n'es rien ! Ne t'attends à rien de plus que ce qu'on t'offre dans le moment présent !
-Mais... mais...
-Tu es différente. Mieux tu accepteras ça et mieux ce sera. C'est pour ton bien ! Maintenant va t'en ! T'as des trucs à faire !

Je passa trois ans à cet orphelinat avant sa fermeture. Tout les jours offraient un programme similaire. Nous étions tous traité par la même violence. Rien de physique, tout fut extrêmement verbal comme dans un vrai camp militaire. Au moins nous n'étions pas battu, au moins pas physiquement. Certains enfants recevaient plus à manger, d'autres moins, puis il y a moi, puis Oleg. Oleg était la seule personne inférieure à moi ici. Il n'avait pas de lit ni de dessert. J'avais compris même avant de venir ici qu'il y avait des classes sociales et tout ce squalalah mais ils y vont pas mal fort. Ce sont des agnostiques fous et fermés d'esprit. De la manière donc ces trois années passèrent, il avait eu raison le bougre, ça n'allait pas bien pour moi. Personne ne me respectait et personne ne m'adoptait. On ne prenait même pas la peine de s'intéresser à moi. Dans leur monde on exclut tout ce qui n'est pas normal.


Artiste: AdamKop

Chapitre 10: Dream
J'ai mal et j'entends des gens travailler tout autour. Je sens que des tubes sont à l'intérieur de moi. Je ne vois rien. Est-ce un rêve ou la mort ? J'avais déjà entendu parler de rêves qui nous paraissait très réel et que l'on pouvait contrôler, mais je n'y avais jamais cru. Il faut le vivre pour y croire je suppose.

-Il n'y a aucune malformation externe
-Tu peux confirmer des bosses ou d'autres détails atypiques ?
-J'ai vérifié ça aussi, rien d'anormal
-Demain on ira voir à quoi cette chose ressemble à l'intérieur
-Vous êtes sur le sujet n'est pas trop faible pour une opération ?
-J'ai dit. Demain.

Chapitre 3: Transfert
Nous fûmes tous envoyer dans de nouveaux établissements. J'appris très tôt à mon arrivée qu'on nous avait migré ailleurs parce qu'on était plus assez nombreux et que ça coûtait trop cher pour rien. La dame a l'air assez gentille, j'espère qu'elle l'est vraiment.

-Comment tu t'appelles ma chérie ?
-Ann... Octobre
-Anne-Octobre? C'est très joli !
-Non, juste Octobre
-Oh. C'est très joli aussi...
-C'est ma tante qui l'a choisit
-Ohhh comme c'est mignon
-Elle dit que parce que la couleur de mes cheveux lui rappelle l'automne. Elle avait un livre sur les merveilles du monde et sur la page 29 il y avait des arbres avec des feuilles oranges partout partout
-Ta tante est une personne qui a de très bons goûts. Moi aussi j'aime tes cheveux roux, Octobre, me dit-elle en passant les doigts à travers eux
-Je ne suis pas rousse. Ils sont auburns. Tout le monde fait l'erreur...
-Hahaha, bien sûr ! Quel âge as-tu ?
-Douze ans

Elle continua de prendre mes informations dans le registre. Il ne restait plus qu'une chose. Je n'allais pas être lié à sa famille, mais on me nomma d'après un scientifique qui avait fait de nombreux dons généreux à l'orphelinat, un certain Dr.Madnar. Une fois la paperasse remplie, j'avais officiellement une nouvelle demeure. Une meilleure demeure.

Chapitre 11: Le second pire moment de ma vie
-Rien en dedans non plus. J'aurais espéré avoir un mutant qui vit au nom de sa réputation
-On aurait quand même du l'anésthésier
-Pourquoi faire ? Pour épargner de la souffrance à cette chose ?
-Je vous suis peu importe ce que vous décidez
-Elle a une mine d'enfer mais je ne vois pas de véritablement changement
-Oui, c'est comme si il y avait une fuite de couleur...
-La mutation doit être latente. Tôt ou tard il y aura des signes
-Vous croyez vraiment qu'il est question de contagion ?
-Ça personne ne le sait, mais c'est un des phénomènes que je ne serais pas fier de découvrir
-Vous avez tout à fait raison

Chapitre 4: Conflit
Les enfants avaient l'air contents ici. À peine levé qu'ils couraient partout en criant, ce qui me donna envie de faire de même. Je sens qu'aujourd'hui je vais me faire des amis. Armée de céréales au chocolat et d'une spork, je m'attaque à un groupe qui communiait leur matin ensemble.

-Bon matin !

Silence. Ils m'observent tous avec un air de confusion. C'est normal, une étrangère vient de s'incruster dans leur routine. Je retourne à l'offensive.

-Je m'appelle Octobre !

Toujours aucune réponse. Puis l'aînée de la horde me tendit la main et je la serra.

-Moi c'est Alice. Dis donc on doit être les plus âgées de toute la maison ! Tu dois avoir au moins 16 ans, non ?
-N-non, seulement douze

Je dis cela en riant, mais intérieurement je panique. Elle va penser que je suis ringarde! Je dois me montrer plus mature.

-Mais t'es pas mal grande !
-J'entends ça souvent
-Ça doit être utile, si tu vois ce que je veux dire
-Bah heu, ça permet d'être choisie la première dans une partie de ballon chasseur
-Au ballon chasseur ? Hahahaha !
-Ha ha...
-Non mais sérieusement tu es au sommet de l'échelle sociale. Tu peux prendre ce que tu veux et personne n'osera t'opposer
-Je comprends pas
-Ce que tu es sotte. Je vais te montrer. Tu vois Rick près de la fenêtre ? Tu peux manger son déjeuner si tu as envie
-Mais je ne suis pas une goinfre ! En plus, c'est pas très gentil. Il vous a fait quelque chose ?

Elle pouffa de rire.


-Rien du tout. Il est là pour que les plus forts subsistent. Il va rien faire d'autre qu'aller chercher autre chose à se faire prendre
-Très bien

Alice est une personne vile et sournoise. Il y a d'autres amis à me faire ici. Je me lève de table avec mes chocobombes et ma spork. Au même moment, elle se leva également et vint me pousser. Alors que je regardais toutes ces petites boules brunes éparpillées dans une marre lactée, elle me poussa à nouveau.

-Tu es tellement idiote, sale rouquine
-Arrête, je ne veux pas me battre !
-Tu te laisses marcher dessus en plus !

Elle me montra son poing crispé de manière à m'intimider mais ça ne me motiva pas à contre-attaquer. Soudain, quelqu'un courut entre nous deux. Je crus d'abord que c'était un employé de l'orphelinat qui venait arrêter la bagarre, jusqu'à ce qu'il enfonce son poing dans le front d'Alice dans un "PAK" étrangement agréable à l'oreille. Pas que je la déteste au point d'aimer l'entendre souffrir, juste le son en lui même. "PAK". Elle tenta de se relever de l'attaque pré-emptive tandis que son assaillante partie aussi vite qu'elle était venue. Suivie de sa bande, Alice la pris en chasse. La directrice fit irruption dans la pièce, sûrement attirée par le vacarme qu'on a fait.

-Mais qu'est-ce que vous fichez ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
-J'ai fait tomber mes céréales madame
-J'ai entendu plus qu'un bol tomber. Dites moi ce qui est arrivé ensuite

Les autres enfants se jetaient plein de regards entre eux comme si ils avaient témoigné d'un miracle. Un eu le courage de prendre la parole pour tout le monde.

-Alice a attaqué la nouvelle
-Et maintenant elle est où ?
-......Nancy l'a empêché
-Et ? ATTENDS QUOI !
-Nancy...
-QUOI ?! NOTRE NANCY ?!?

Les yeux de la madame s'écarquillèrent alors que la nouvelle la traversa. On aurait dit qu'elle s'était vu mourir. Je ne comprenais rien. Le reste de la journée se déroula normalement hormis les chuchotements à propos de cette Nancy. On ne la revu pas de la journée, ni Alice non plus. Je vais devoir la remercier.


Artiste: Jian Huang

Chapitre 5: Elle
Elle était assise sur le banc à côté du bureau de la directrice. On nous avait dit de la laisser réfléchir seule, mais je ne pouvais pas résister le besoin de la remercier.

-C'est toi Nancy ?
-Octobre ! Tu viens me sauver ?
-Je n'ai même pas le droit de te parler !
-Tu le fais quand même
-Oui, je veux te dire merci. Tu ne me connais pas et tu m'es venu en aide, et je suis rouquine en plus...
-Huh-huh, si tu le dis. Hé, tu m'aides à m'échapper, dis ?!
-Tu as besoin de mon aide pour te lever d'un banc ?
-Non mais j'ai besoin d'une distraction

C'est là que la directrice se rejoint à notre conversation.

-Octobre. Nancy doit rester seule pendant un moment. Alice aussi fait la même chose avec le concierge
-MERCI !
-NANCY !!!
-Attends !
-T'AS VU COMMENT ELLE COURT ! HAAAAA HA HA HA !
-NANCY !!!!

Nancy venait de partir en courant dehors. Mais je rêve ! Le pire dans tout ça c'est que je suis partie à ses trousses, je ne sais même pas pourquoi. La vieille derrière n'arriva pas à nous rattraper. On traversa plusieurs pâtés de maison et on se cacha derrière un camion de crème glacée pour reprendre notre souffle.

-Haaa ! Haaa ! Pourquoi t'as couru ! On va avoir des ennuis !
-S'asseoir sur un banc c'est ce que t'appelle des ennuis ?
-Euh... non
-Viens, j'ai un peu de monnaie que j'ai piqué dans les poches du concierge pendant sa sieste !

Elle acheta une glace à elle même et une pour moi, avec DEUX boules, en me laissant choisir le parfum en plus.

-Merci Nancy, je ne sais pas quoi te dire maintenant
-Pourquoi tu m'as dit que tu étais rouquine ?
-Hein ?
-Ça se voit au teint qu'ils sont auburns

C'est à cet instant que je compris que je mangeais la meilleure glace du monde. Pas parce qu'elle était bonne, mais parce que je la mangeais en bonne compagnie. Je ne voulais pour rien au monde me séparer d'elle. En regardant dans ses yeux je me voyais en train de faire des choses que je n'aurais jamais osé faire mais qu'on faisait ensemble. J'avais même des visions bizarres où on gambadait en dehors de Solicity sur des piles de cadavres.

-Tu penses à quoi ?
-Hunn !
-Ça fait deux minutes que tu me fixes intensément !

Nancy essuya du revers de sa manche de la bave qui avait commencé à couler de mes lèvres.

-Je nous ai vu tachées de sang
-Avec le sang de qui ?
-Je ne sais pas. On courait sur des milliers de morts pour sortir de Solicity...
-J'ai envie de faire ça !

C'était horrible mais je suppose que moi aussi je voulais faire ça. J'avais envie de voir et de faire des choses qui n'existaient que dans les pages des livres. Marcher dans une forêt en plein mois d'octobre, aller en France dans la ville lumière, aller au Japon et voir le mont Fuji, aller en Chine marcher sur le mur, aller au Canada manger de la poutine, aller en Suisse manger du chocolat, aller en Belgique manger du chocolat, aller en Allemagne manger du chocolat... tant de choses...

Nous vécurent les quatres années qui suivies comme des soeurs et nous faisions tout ensemble, une véritable part de moi. J'avais tout oublié de la merde qu'on m'avait appris à propos de mon corps, ce qui comptait c'est ce que Nan m'avait appris: vivre. Chaque fois que quelqu'un voulait adopter l'une de nous, on sortait notre livre d'idées et on s'exécutait pour ne pas être adoptée. On devait avoir tout fait, même défénestré le chihuahua d'une grosse torche. Toi et moi contre le monde, hein ?

Je voulais que cela ne s'arrête jamais. Mais vint l'âge des ténèbres...


Chapitre 12: Tu as essayé
-Dis "ahhhhhh"
-Ahh...
-J'ai dit "ahhhhh", pas "ahh"
-Ah...
-Viens lui tenir la tête
-Pendant combien de temps ? *soupire*
-Le temps que ça prendra... oh ! J'ai trouvé quelque chose d'anormal !
-Quoi donc ?!?
-Une mauvaise haleine !
-T'es con Marv ! Ça fait deux semaines que cette chose est dans un lit !
-J'faisais qu'une blague...
-Fais pas de blagues, fais des progrès, cracha-t-il d'un ton condescendant

Chapitre 6: L'âge des ténèbres
Nancy venait de trouver un travail et devait partir. C'était le pire moment de ma vie, je ne savais pas comment me sentir. Tout ce que mon coeur faisait c'est cracher et ravaler des larmes de sang. Je vais partir moi aussi. Je ne savais pas où la retrouver, elle était vraiment imprévisible Nancy. J'avais toujours aimé ça chez elle, se faire réveiller en plein milieu de la nuit pour piller les biscuits tout ça, mais cette fois c'était juste chiant. Mais à mesure qu'on grandissait, Nancy devenait de plus en plus malsaine. Peu importe ce qu'elle faisait maintenant j'avais le préssentiment que c'était encore plus chaotique. C'est ce qui me fis décider devenir flic, je devais repayer toutes les bêtises qu'on avait fait, mais surtout pour payer des bêtises que Nancy doit être en train de faire.

La vraie raison, et je crois à cet instant ne pas le réaliser moi même, c'était que j'espérais que cette nouvelle profession me fasse retrouver Nan en train de faire je sais pas quoi et de la prendre dans mes bras.


Chapitre 13: La grande évasion
Je me réveille dans un milieu très calme. Autour de moi il n'y a personnes à part des patients couchés dans des lits éloignés du mien, qui semble avoir été mis à l'écart. Je me défais de tout les tubes qui sont rattachés à moi et je sors du lit. Je dois être en train de rêver parce que tout le monde dormait alors qu"il faisait jour. Je me sentais comme la dernière survivante de l'apocalypse, ne mort pas, ouvert à l'intérieur, etc. Ça devait encore être un rêve lucide parce que j'avais envie d'aller aux toilettes. En me lavant les mains je vis mon reflet dans le miroir. On dirait que je m'étais camée à mort comme ces jonkies que je voyais giser dans les ruelles pendant que je bossais. Mes yeux avaient un air spectral, glauque même, comme si leur couleur avait été inversé. Je me dépêcha de sortir de la salle de bain et je vis un croissant de lune par la fenêtre. J'avais envie de me réveiller, mais me pincer n'avait aucun effet. Mais alors, tout ces "rêves" que j'avais fait... étaient-ils donc vrais ? J'étais plus qu'un cobaye ?

Je m'enfuis de l'hôpital cette nuit là. Je courus jusqu'à l'aube dans un milieu agricole et je tombai dans un potager au milieu des pastèques. L'herbe humide et la terre molle se collèrent à ma peau.



Artiste: inconnu(e)

Chapitre 14: Vue
À mon réveil j'étais à nouveau dans un lit mais je ne voyais plus rien. Est-ce que ça avait été un rêve tout ce temps là et que j'étais retourné dans ma chambre d'hôpital ? Je n'avais pas la force de parler, je devais leur dire ce que je ressentais.

-Tu es réveillée ?
-...
-Tu as presque écrasé mes pastèques chéries tu sais ?
-...
-Est-ce que tu te sens bien ?
-N-non
-Il y a une raison pourquoi tu parles à mon arosoir ?

Je ne reconnaissais pas cette voix et ce ton suave. L'hôpital avait bien été réel.

-Où... où suis...
-Est-ce que tu es aveugle ?
-Non, hier...

J'étais épuisée. Morphée m'attrapa.

Un doigt me chatouilla le nez et j'ouvris les yeux, toujours sans images. Peut-être étais-je vraiment devenue aveugle. Qu'est-ce qui m'est arrivé bon sang ?!


-Ça fait cinq jours que tu dors
-Hon
-Tu as des nuits très actives, je peux t'écouter parler pendant plus d'une demi-heure sans t'arrêter
-...
-Tu t'appelles Nan ?
-Nan... Nan...
-Je rigole, je sais que ce n'est pas toi
-Naaan !
-Je t'ai vu dans le journal il y a un mois
-Hah...
-Officier Madnar, tué en action, dans la brume...
-...
-Je te laisse te reposer, ton déjeuner est à ta gauche. Je dois retourner m'occuper de mes chéries

Puis il s'en alla. Je tendis le bras et je renversa une chaise ainsi qu'une assiette qui se fracassa. Bon tant pis, je jeûne. Je me rendors.

Je me réveille à nouveau. Ma vue est de retour, il fait jour. Je sors du lit et je vois un homme étendu sur le canapé. Il fait sans doute la sieste mais à présent que je suis debout je n'avais pas envie d'attendre pour lui parler. Je tira la manche de son pyjama et il se réveilla en sursaut.


-Qui est là ?!
-C'est moi
-Madnar ?
-Oui
-T-tu es levée ?
-Oui
-Je pensais que tu étais aveugle
-Je te vois
-Génial, maintenant laisse moi dormir

Je vais aller aroser son jardin tiens. Une demi-lune est accrochée dans le ciel. Elle était là la nuit où je me suis enfuis aussi. Est-ce une coïncidence ? J'examina tout de sa maison, jusqu'à ce que le soleil se pointa le bout du nez.

-Haaaaa !
-Madnar ? Madnar ! Qu'est-ce que tu fais sur le toit ?!
-Je... je ne vois plus rien !

Il m'aida à redescendre. Je ne sais pas ce que j'ai... j'ai peur...

-Je pense savoir ce qui se passe. Tu n'es pas morte dans la brume, tu es devenue une mutante
-...
-Ce n'est pas la fin du monde. Tu es toujours une personne, tu es toujours toi. Rien n'a changé
-Je suis aveugle, connard
-Comment tu es sortie au juste ?
-Je... je suis somnambule, je me suis vu faire en dormant
-Non, je crois que tu as réellement vu. Tes yeux sont plus que devenus blancs
-...

Pour me détendre, il suggéra de me faire un tatouage. Il n'avait jamais essayé sur une vraie personne avant, hormis des smileys sur ses avant-bras. Il me rassura qu'il n'avait pas souiller mon corps puisqu'il était un formidable peintre. C'est relatif, je pense. J'ai vu les oeuvres qu'il a produit, il ne se surestime pas en employant le terme "formidable". Je n'avais aucune idée de ce que je voulais ni de ce qu'il avait en tête. C'est loin d'être une activité qui détent, mais elle m'a complètement distraite de mes problèmes.

-Il est presque terminé. Je vais devoir le terminer plus tard mais il faut laisser ta peau tranquille pour quelques temps
-Qu'est-ce que tu m'as fait ?
-Un symbole très vieux qui représente un truc. La force, la constitution, quelque chose comme ça. Je ne me souviens, j'ai perdu le livre dans le quel je l'ai vu
-Contente que tu t'es servi d'un modèle pour faire ça
-Oh ne t'inquiètes pas, je l'avais recopié dans un album dédié spécialement pour mes idées de tatouage
-Merci

Chapitre 15: Nocturne
Après avoir récupéré de l'incident de la Brume et son projet d'art corporel achevé, je laissa l'étranger seul avec ses pastèques et ses idées. Ses dernières paroles avant que je parte résonaient dans mon esprit.

"Nous nous reverrons un jour, je le sens."

Je fis un bilan de ma vie. Je n'allais pas retourner à la police, ces salauds m'ont déclaré morte. Je n'ai plus envie d'être la personne sucrée et gentille d'antan. Là commença ma vie de mercenaire et mes services de protection, d'escorte, de contrebande et d'assassinat. J'étais excellent à mon nouveau travail. Surtout au dernier. Je fus très active sur une période d'environ un an. Je ne coûte pas cher et je travaille dans un anonymat total, sans laisser de traces. Un couteau dans le coeur pendant que tout le monde dort ça ne laisse pas une large somme d'indices, tout comme être mort dans la paperasse gouvernementale. Quelque chose d'imprévu se produisit, je m'étais taillé un nom. Je voulais seulement vivre, mais des rumeurs ont commencé à se former à mon sujet. Nocturne, l'énigmatique tueur de la nuit. "Nocturne", hein ? Nocturne Octobre Madnar... ça sonne très bien. Dommage que je ne pouvais pas dire à qui que ce soit que je suis une tueuse en série recherchée à mort. C'était peut-être pas la meilleure idée que j'ai eu...

Chapitre 16: Bonsaï
Je dois trouver quelque chose de stable et de relaxe pour baisser ma notoriété, ils vont me retrouver si je continue à poignarder des enflures comme ça. Dans le journal ils disent même qu'ils inventent des rumeurs par-dessus leurs rumeurs, c'est un peu ridicule. Un commerce du nom de Nocturne a été visité par la pègre car ils croient que je travaille pour eux. Ça va revenir leur mordre le cul, on se frotte pas contre le magasin de minuit. D'autres pensent que Nocturne n'est rien d'autre d'un psychopathe qui se branle à l'idée du chaos qu'il engendre.

J'ai un rendez-vous pour un poste de jardinière cet après-midi, personne ne cherchera un tueur à gages là-bas, et puis j'ai un peu d'expérience avec des pastèques. En portant des verres fumés j'arrivais à distinguer des formes, juste assez pour ne pas me diriger comme un véritable aveugle et me tuer en marchant devant des voitures. Le rendez-vous a lieu à des funérailles, auxquels je prétends être un ami. Et en réalité, c'était vrai: le défunt était nul autre que l'homme aux pastèques. Il avait raison, un jour nous nous reverrons. Enfin, moi je t'ai revu.

Un vieil homme vient à ma rencontre. Il avait des cataractes assez sévères dans les yeux.


-Je ne crois pas te connaître
-Je suis une amie
-Je connais tout les amis de mon fils
-Il m'a sauvé il y a environ un an
-Ohhhhh ! Tu es la somnambule ! Ouiiiii il m'a parlé de toi et de tes cheveux r
-Auburns
-Oui, oui... ahhhh et tu es venu le voir ! C'est très gentil !
-En fait, je ne savais pas qu'il était décédé. Je suis ici pour un travail
-La jardinière ! Merveilleux ! Tu sais t'occuper de pastèques il parait !
-Une seule fois...
-Pas grave, tu sais recommencer ! Tu sais t'occuper de légumes aussi ?
-J'imagine oui
-Et des bonsaïs ?
-Non
-Je peux te montrer si tu veux. C'est fabuleux les bonsaïs !
-Si vous insistez

Chapitre 17: Ordre
C'est stupide mais j'aime ce travail. J'ai l'impression de protéger quelqu'un et de guetter aux alentours, mais ce n'est qu'un jardin. C'est... agréable.

-Petite, viens j'ai à me confier à quelqu'un
-Oui ?
-Arrête de toucher aux tomates, c'est urgent. Je pense que t'es une bonne fille. Mon fils l'a vu en toi aussi
-Merci monsieur
-Tu es familière avec le culte de Chaussettes ?
-Je suis familière avec mes chaussettes
-Ohhhh tu les avec toi ? Je peux les voir ?

Je lui les montre, aussi gênant que cela puisse paraître. Elles sont rayées grises et noires et dépassent mes genoux.

-Elles sont jolies !
-On veut pas attraper froid
-En plein été ?
-On sait jamais
-Je disais...... ah oui ! Ça fait très longtemps que j'ai envie de mourir, mon fils devait me succéder tu sais. Mais il est mort avant. Si je meurs tu vas rester dis moi ?

Comment décrire ce que je ressens ? On avait confiance en moi, je me sentais comme une personne, finalement après tout ce que j'ai vécu. Je ne me suis jamais sentie aussi différente des autres et pourtant j'ai l'impression d'être aussi requise que lorsque j'étais dans la police, peut-être davantage. Je vois la souffrance dans son regard. Il a sincèrement confiance en moi.

-...
-Le culte pré-date la Brume. C'est une base du bouddhisme mais Chaussettes est bien plus forte que Bouddha ! La Brume est une punition car les gens l'ont oublié ! J'ai un devoir envers mes ancêtres d'honorer le culte. J'ai trouvé un héritier, et je veux que tu t'occupes de son jardin à présent
-Ça va faire beaucoup à aroser
-Un peu de sérieux, je ne parlais pas littéralement
-Que me demandez-vous exactement ?
-Eh bien, je crois que c'est l'Élue. Tu dois tout faire pour protéger l'Élue ! Aide la à ranimer l'Ordre à sa puissance d'autrefois, je t'en conjure ! Pas seulement pour moi, mais pour sauver cette ville de cette immonde plaie blanchâtre !
-M-merci monsieur
-Appelle moi père... enfin je peux crever putain !

C'est la dernière fois que je l'ai vu. On ne retrouva pas son corps. Je suis le chien d'un nouveau maître et je fais partie d'un culte maintenant, pourquoi pas ?

Chapitre 18: Reminiscence
Quand j'aperçu l'Élue, je cru voir un flashback vivant, un déjà-vu. Je m'approche et je touche tendrement son visage comme par réflexe. C'est la première fois que j'entre volontairement en contact avec quelqu'un depuis ma mutation. Elle est d'abord très surprise, mais c'est normal, je fais cette effet là à tout le monde. Pour le peu que je peux percevoir, je reconnais immédiatement ces yeux. Je retire mes lunettes et j'essaie de la regarder sans avoir l'air d'un nécrophage, elle aime ce que je lui fais mais ne semble pas me reconnaître. Je ne pouvais plus que l'enlacer dans mes bras sans son consentement.

Si dieu existe, je le déteste et je déteste son sens de l'humour. Une était partie criminelle intoxiquée et avait fini héritière d'une organisation, l'autre avait aspirée à purger l'infamie de la ville et était devenue une mutante. Nos chemins antithésiques s'étaient achevés en bénéficiant la malice et en punissant la bonté. J'encule la Noblesse, j'encule la Justice, j'encule la Brume, j'encule Dieu, je vous encule tous. Mais je m'en fiche, j'ai enfin retrouvé ma Nan. J'ai bien plus de motivation qu'il n'en faut pour ressusciter l'ordre du vieux bonsaï. Puis vint son tour de me serrer contre elle.


"Toi et moi contre le monde, hein ?"

Chapitre 19: On est défini par qui on est
Cela fait quelques semaines déjà que j'ai étreinte Chaussettes. En rétrospective, personne ne s'aurait douté qu'être jardinier pouvait être la décision la plus bénéfique que j'ai accompli. Il y avait maintenant des personnes qui me regardaient avec une admiration totale. Jadis j'étais observée comme un modèle pour les autres mais maintenant le portrait était bien plus grand. On comptait sur moi pour être un guide au-delà de la vie. Il y a une pointe d'exagération qui me rend inconfortable dans tout ça mais j'ai une responsabilité envers eux, l'élue, et Chaussettes. J'allais sortir à l'extérieur pour profiter de la pluie mais on m'interpella.

-Chef, vous venez jouer avec nous ?
-Vous vous battez encore ?
-Oui. On aimerait une démonstration de votre part, chef !

C'est un sentiment qui m'est toujours très peu familier mais j'aimais bien les voir s'épanouir, se forger à coups de bleus. Ils avaient monter un bon petit club pour bastonner entre potes. Comme dictait leurs règles, j'enlèva mes souliers et mon poncho, puis le masque à gaz qui me servait sensiblement de vue. Nancy était là à ingérer des comprimés en les mâchant machinalement. Elle avait tant changer mais je n'allais pas lui faire la morale, cette partie de moi était morte dans la Brume. Je me questionnais toujours de ce qu'elle prenait tout le temps, toutes ces sortes de médicaments différents et comment ça ne la tuait pas. Néanmoins, ça n'avait pas l'air de l'affecté énormément.

-Nikita ! Et toi là, tu t'appelles comment ?
-Ivan !
-Vous pouvez y aller

Même pour un duel amical je sentais beaucoup de retenue d'un et une absence complète de l'autre. Je pouvais entendre le volume de sa respiration augmenter avant chaque coup porté. Mon assaillant aurait pu hurler le nom de ses attaques et ça n'aurait pas changer grand chose. Ça ne fut pas très difficile ensuite de lui faire une prise d'étranglement. J'avais sentir une grosse chenille velue me frôler le bras pendant la prise, m'amenant à croire que c'était Nikita que je tenais.

-Qu'est-ce que tu attends ? T'as peur d'une invalide ?

Tout le monde se regarda l'un et l'autre alors que je faisais face à une chaise. Mon otage réussit à se défaire de mon emprise et cette fois il ne s'était pas retenu. Moi non plus. Nancy non plus. Son rire presque sinistre se liait avec les cris d'encouragement que se lançait les membres du culte. "Fais le tomber de son cheval" qu'elle me répétait, puis "Vas-y Nom, fais lui manger sa bouse".

-Ivan
-Che-Chef !!!
-Attaque moi

Je n'eus aucune réponse. Je m'approche de lui et je pouvais le sentir en train de trembler. Je ne pouvais pas lui en vouloir, n'importe qui aurait peur lorsqu'un adversaire avec une tête en plus nous fixe à la manière Kubrick. Il ne bougeait toujours pas, alors je passa ma langue sur son front pour le motiver, avec aucun effet autre qu'agrandir la peur qu'il éprouvait envers moi. Le but d'un jeu étant de s'amuser, on ne pouvait pas le forcer. Je lui flatta les cheveux rigoureusement avant de le laisser tranquille. Personne ne l'a revu depuis.


Artiste: merl1ncz

Chapitre 20: Postlude
Je me change dans une tenue moins ample pour ma fugue habituelle. J'examine l'état de ma lame. Il y a une limite du durabilité à toute chose et ce couteau là approchait la sienne. Il a déjà été très coupant, maintenant il déchire plutôt que de faire une tranche bien nette. Depuis combien de temps est-ce que Pastèque-Man l'utilisait-il ? Le couteau que j'avais pris de son tiroir pendant qu'il dormait n'était plus qu'une simple ombre de son soi-même d'autrefois. Je pouvais encore m'en servir correctement mais il devra être remplacer d'ici quelques semaines.

-Ma chérie ?

Je me retourne et je vois l'élue qui se tient contre l'embrasure de la porte. Je marche vers Nancy et je penche vers son oreille, elle m'observant avec aucune surprise comme si elle s'attendait à ce que je fasse ce genre de choses.

-Nocturne a du travail, lui chuchotais-je.

Un large sourire s'afficha sur son visage. Je crois que lui annoncer être tueur en série c'était comme lui annoncer que j'étais en bonne santé. Adorable petite chose. Je rengaîna mon couteau et avant de partir j'ajouta:

"Sortons ensemble ce soir pour le plaisir. La nuit est encore jeune."

Spoiler:
 


Dernière édition par Octobre Madnar le Sam 13 Fév - 7:01, édité 6 fois (Raison : Correction et codage)
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MessageSujet: Re: Nocturne Octobre Madnar   Jeu 11 Fév - 13:25

Magnifique fiche, bravo !

Validée !
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MessageSujet: Re: Nocturne Octobre Madnar   Sam 13 Fév - 9:59

Tu es déjà validée, mais je dois dire que je valide également ton codex. C'est une grosse lecture mais je ne me suis pas lassé et c'est presque fascinant comment je passe du rire à la larme en 2 lignes. J'aime aussi l'évolution de ton personnage et celui de Nancy.

Pour Nocturne je le permet, c'est une idée très originale.
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MessageSujet: Re: Nocturne Octobre Madnar   Sam 13 Fév - 13:52

C'est ce que j'avais dit !


C'est énorme, bravo.
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MessageSujet: Re: Nocturne Octobre Madnar   

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